Accompagner le renouvellement d’une organisation internationale porteuse d’une forte identité
Le contexte

Une organisation non gouvernementale internationale engagée dans la lutte contre l’extrême pauvreté réunit des volontaires présents dans une vingtaine de pays.
L’organisation repose sur un mode d’engagement particulièrement exigeant, fondé sur des valeurs communes et une forte cohérence entre les convictions portées et les pratiques vécues.
Après plusieurs décennies de développement, les responsables du mouvement constatent que les crises sanitaire, écologique et sociale renforcent les situations de pauvreté. Dans ce contexte, ils souhaitent préparer le renouvellement des responsabilités et renforcer la capacité du mouvement à agir collectivement, sans perdre ce qui fait sa force.
Le véritable enjeu n’était pas d’obtenir rapidement des réponses, mais de créer un cadre suffisamment sécurisant pour que puissent être abordées des questions jusqu’alors difficiles à exprimer : transmission, légitimité, tensions, désaccords et avenir du mouvement.
Les défis
Préparer le renouvellement des responsabilités au sein du mouvement
Créer un climat de confiance permettant d’aborder des sujets rarement discutés collectivement
Faire émerger une réflexion à l’échelle de l’ensemble du mouvement plutôt qu’à partir des réalités locales
Permettre l’expression de tensions et de désaccords sans mettre en péril la cohésion
Concevoir une rencontre suffisamment dense pour produire des avancées tout en laissant une véritable place au ressourcement.
La démarche

J’ai accompagné l’équipe de pilotage dans la conception de la rencontre puis animé, avec une équipe internationale, un processus de cinq jours intégré à un rassemblement de dix jours.
Le dispositif alternait volontairement :
- synthèses collectives produites au fil de la rencontre.
- temps d’écoute en petits groupes ;
- espaces de dialogue en grand groupe ;
- séquences de Forum Ouvert ;
- moments de respiration
Une contrainte supplémentaire
3 langues – 5 jours de séminaire – 80 participants
L’ensemble du processus était conduit simultanément en français, anglais et espagnol, avec interprétation simultanée et production progressive des comptes rendus dans les trois langues afin de favoriser la transparence et l’appropriation collective.


Ce que cette démarche a permis

Les participants ont souligné la qualité du climat de confiance créé pendant la rencontre, la possibilité d’aborder des sujets jusque-là difficiles, l’implication très forte des volontaires, le sentiment d’appropriation collective du travail réalisé et la richesse du dialogue entre des personnes issues de cultures très différentes
Ce que cette mission illustre
Cette mission illustre une conviction qui guide aujourd’hui ma pratique : lorsque les enjeux touchent à l’identité d’une organisation, à sa gouvernance ou à sa transmission, l’objectif n’est pas de produire rapidement des décisions. Il est d’abord de créer les conditions d’un dialogue suffisamment sûr pour que les questions essentielles puissent enfin être mises sur la table.

Quand les sujets les plus importants deviennent difficiles à aborder collectivement, le premier enjeu est souvent de recréer les conditions du dialogue.